Voyages & Découvertes

Le clin d’oeil de Manikia - Février 2020

jeudi 21 mai 2020 par Mardaga

Départ pour la Grèce ce 27 février. La météo de Bruxelles est à la pluie, la grêle et la neige fondante. Très peu pour moi qui ai passé les trois derniers mois, la plupart du temps, sous un ciel plombé d’averses entrecoupées d’un soleil bien timide et peu réchauffant.

Cette fois-ci la place qui m’est assignée dans l’avion est du côté droit, près du hublot, ce qui va me porter chance. J’embarque en dernier, cela me donne l’occasion de tailler une bavette avec la personne en charge de manœuvrer la passerelle. Heureusement que l’idée m’a prise d’acheter un super sandwich car la bouffe servie à bord, du poisson et des pâtes, est immangeable.

L’approche sur Athènes commence. Les voyants de ceinture de sécurité s’allument et nous perdons lentement de l’altitude tout en longeant l’île d’Eubée où trône sur notre droite une montagne enneigée. Le pilote fait une large courbe et comme le ciel est bouché nous passons autant que possible au-dessous de la couverture nuageuse. La vue est magnifique car nous volons à basse altitude. Oh surprise, je reconnais Kimy et la montagne Noire (Mavro Vouno) sur laquelle j’ai porté mes pas de randonneur. La montagne s’entrouvre sur une gorge le long de laquelle monte une route vers le petit village de Manikia (μανικια). C’est bien celle que j’ai gravie à plusieurs reprises. Je reconnais son large lacet typique en début de montée qui se perd dans les méandres de cette vallée encaissée. Vais-je apercevoir le village perché tout en haut ? Peu de chance car une légère brume vaporeuse enveloppe la petite bourgade et ses alentours. C’est à ce moment que le soleil par un tour de magie envoie un éclat de lumière reflété par la fenêtre d’une maison. Je parie que c’est celle du Kafenéon Aγάπηi (Amour) tenu par un couple de petits vieux accueillants et le visage toujours souriant.

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Manikia - Mανικια

Après l’atterrissage, l’attente des bagages est comme d’habitude interminable. Ma décision est de prendre le bus X93 qui doit m’amener à l’arrêt Rosignol (avec un ’s’). C’est quoi ce nom à la française ? Encore un mystère de la langue grecque à éclaircir. Une fois descendu, je traverse un énorme carrefour sous une autoroute urbaine et prend position afin de choper un taxi qui arrive après quelques minutes d’attente dans un vent glacial. Tout en roulant, les présentations d’usage commencent avec la demande de mon origine. Après ma réponse c’est à mon tour de renvoyer la question au chauffeur. A ma grande surprise scandée par des oh et des ah, son papa est originaire de Monodrio, village situé au pied de la gorge décrite plus haut. Où est donc le hasard ? Qu’est-ce qu’ils ont tous ces chauffeurs de taxi, à être originaires de l’île d’Eubée ?

Enfin arrivé à la maison, ma fille rayonnante m’accueille avec la cadette âgée d’un an et demi qui se tient debout les bras autour de la jambe de sa maman. Elle me regarde droit dans les yeux. A peine une seconde de timidité et un large sourire apparaît sur son visage comme si je l’avais quittée la veille. Après moult bisous aux deux, j’entends l’appel de mon autre petite-fille, l’aînée, sur un ton implorant. Elle est malade au lit et je m’empresse de l’embrasser. Thomas, l’homme de la maison est occupé au téléphone et après avoir raccroché nous nous faisons une accolade virile et chaleureuse. Dans le couloir le poêle à bois ronfle et rend une chaleur bienfaisante.

Déballage des cadeaux et des commandes. La cadette n’a de cesse d’aller fourrager dans la valise, sortant les affaires une à une tout en poussant un cri perçant qui a l’air de dire ’Et ça ?’. Enfin on peut se parler de vive voix, face à face, non plus à travers ce téléphone frustrant et ces communications digitales bien que bienvenues quand on est à des kilomètres de distance. Le lendemain soir, Thomas dit qu’il veut me parler. Je m’attends à quelque chose de sérieux et nous nous installons autour du poêle. Il me fait part d’un événement important prévu pour lundi : le lâcher du cerf-volant, tradition qu’il ne manque pour rien au monde. Ce cerf-volant est construit de ses propres mains et est décoré par la famille. L’année passée c’était un dauphin. Cette fois-ci il propose un faucon. Je me mets à rire aux éclats. Devant son incompréhension je lui explique que c’est justement le remède homéopathique prescris à mon épouse trois semaines auparavant. Bon, va pour sa proposition tout en espérant que l’aînée des petites sera sur pied. Elle le sera partiellement et notre cerf-volant volera portant haut ses couleurs. La semaine passe et j’ai hâte de faire une ballade au jardin botanique en famille. Durant notre promenade, quelle n’est pas notre stupeur quand nous apercevons des hommes s’entraînant à la fauconnerie.

C’est l’heure de quitter la famille pour prendre le bateau d’Egine au Pirée. Il est déjà à quai à mon arrivée et je stationne la voiture dans la file d’attente. L’embarquement commence. Je me précipite au bureau des tickets où le préposé me dit qu’il n’y a plus de place pour les voitures. Zut, je suis obligé d’attendre deux heures le ferry suivant. Comme la voiture est dans la file d’embarquement, j’avise une policière et la questionne sur l’endroit où parquer mon véhicule car je ne peux pas prendre le bateau. Elle me demande où il se trouve. Bien que je le lui montre du doigt, nous ne nous comprenons pas. Alors je lui dis de me suivre. Elle me rétorque sur un ton sec que je n’ai pas à lui donner d’ordres. Mon ton est-il aussi autoritaire que cela ?

Pour passer le temps je vais musarder dans le marché du Pirée et prends place à une table d’un café restaurant, celle qui se trouve au soleil. Je commande à une jeune serveuse un café qui met un temps infini à m’être servi. Elle me l’apporte sans le traditionnel verre d’eau ce que je lui fais remarquer. Il n’y aura pas de verre d’eau. Mon ton est-il aussi autoritaire que cela ?

Nous embarquons et arrivons à Egine. Je retrouve la maison et la chatte qui semble en bonne forme après ces trois mois d’absence. Le potager et le jardin sont envahis par les herbes sauvages : voilà du travail en perspective. Comme le soleil est merveilleux en cette fin d’après-midi, je décide d’aller à ce petit port où j’avais pris mes habitudes. Je m’installe et me fais un café grec. Je le sirote face à la mer calme et sereine, baignée par le coucher de soleil.


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