Voyages & Découvertes

En route pour Douala Market

dimanche 3 juillet 2011 par Mardaga

Monrovia le 2 juillet 2011.

C’est la saison des pluies en ce moment au Liberia et toute la semaine il n’a pas cessé de pleuvoir de jour comme de nuit avec de rares éclaircies. Ce samedi matin, cela a l’air de s’apaiser et décision est prise d’en profiter pour mettre le nez dehors après une séance de TaïChi avec mon co-locataire. Bon cela fait quelques jours que l’envie me titille pour un ananas, donc voici une bonne raison d’aller au marché le plus proche : Douala Market.

Le ciel est nuageux et donc il ne fait pas trop chaud, je me permets donc de partir à pied. A peine sorti du compound, je tombe sur une connaissance : Eva, la guitariste (voir Deux poissons en musique). Quelle surprise ! Que fais-tu là ? Eh bien elle a trouvé un travail : surveillante du pylône de télécommunications GSM. Bon cela lui rapporte pas beaucoup (50 $US par mois), mais on ne crache pas dessus. De plus comme elle joue sur la plage le w-e, l’un dans l’autre cela s’arrange. Elle a sa guitare avec elle, complètement désaccordée avec une corde en moins. Dis Eva joues-moi un morceau. Après avoir accordé quelque peu sa guitare, elle entonne une ballade sympathiquement dynamique. Merci Eva.

Je bifurque par le raccourci accompagné d’un enfant qui porte une boîte en plastique. Curieux, je lui demande ce qu’elle contient et il me monte un téléphone portable hors d’usage pareil au mien ! Curieux hasard.

Arrivé au pont St Paul je décide de ne pas prendre un taxi car la météo est trop clémente. Je croise un sénégalais qui fait dans la récupération de vieux métaux. Qu’est-ce que fait un sénégalais ici ? Il me raconte que son père a vécu ici bien avant dans le business de diamants et qu’il est revenu sur ses traces. L’avenir lui dira s’il va rester.

Au bout du pont voilà un gaillard en train d’affuter sa machette sur la rambarde en béton. Il habite d’un côté du pont et son champs de manioc est de l’autre côté. Il a le sourire et la vie semble belle pour lui.

Le long de la route qui mène au marché, on croise quantités de petits commerces et d’ateliers. Une affiche attire mon attention : celle d’un concert. Un gars arrive et commence à me dire qu’il chantera ce soir. Son nom de scène J.T. Il peut chanter en Indi, Bangali ... ai-je l’air d’un indien ? Je le crois à peine et il me dit qu’il a appris en travaillant avec des indiens. Voyant ma perplexité et il me propose quelque chose que je ne comprends pas. Et donc tout de go, il se met à chanter de belle voix en Indi. Pour le peu que je connaisse c’est vraiment très très approchant.

Je décide de prendre un chemin de traverse afin de fuir le bruit de la circulation et me voilà dans des ruelles entre les maisons où la lessive va bon train : normal il ne pleut pas et on en profite pour faire sécher le linge partout.
Au détour d’un chemin voilà un réparateur de voiture qui a démonté un moteur et nettoie toute les pièces une à une au pétrole. Émile il s’appelle et je suis impressionné de voir toutes ces pièces étalées au sol. Il a l’air sûr de lui, cela ne posera aucun problème de tout remonter ! On parle mécanique et il s’y connait. On parle en français car il est guinéen.

Après les ferronniers, les menuisiers, les vendeurs de pièces détachées automobile et j’en passe, l’entrée à Douala Market. Ce sont les grossistes d’abord qui collectent les arrivages de la province. Cela discute ferme entre des montagnes de feuilles de manioc (cassava leaves), feuilles de patates (potatoes leaves), ananas, mangues, etc.

Et puis le marché au légumes et fruits. Je butine entre les étals et negocie afin d’obtenir un prix décent. Le sac rempli, je décide de faire une pose chez un vendeur de noix de cocos. Heros, 14 ans , manie la machette avec dextérité. Ce sont de petites noix de cocos, mais délicieuses. Comme il n’y a pas de banc pour s’assoir, je pose mon postérieur sur un sac. Et cela n’arrête pas de passer, aussi bien les acheteurs que les vendeuses ambulants. Il y a de tout ; chips de bananes, cacahuètes, tissus, berlingots d’eau (cold water), brouettes chargées au possible.

Bon faut rentrer et vu le poids des commissions, je préfère prendre un taxi. Le problème c’est qu’ils sont tous pleins. J’en avise un vide qui s’apprête à faire demi tour. Je l’aborde mais ne va pas dans ma direction. Et bien je te paye la course pour moi tout seul. On négocie un bon prix pour lui et pour moi. J’embarque et propose à une femme qui va dans la même direction de nous accompagner. Le chauffeur est très sympa et s’appelle Clark, parle pele et est originaire d’une région proche de la guinée. Il n’arrête pas de se marrer. Sa voiture est nickel et confortable. Il s’exclame à chaque trou dans la route. La femme descend et lui paye. Je rouspète et oblige à rendre l’argent car c’est une course totalement à ma charge. Je dis à la femme qu’elle est mon invitée et c’est bouche bée que nous la quittons.

Quand nous rentrons dans le compound, Clark est épaté par le luxe de l’endroit. Je lui dit que les collègues libériens appellent cet endroit le paradis au Liberia (et ils n’ont pas tort). Mais non, me dit le taxi-man : on n’est pas au Liberia ici !
On s’échange nos numéros de téléphone.


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En route vers Douala Market

10 juillet 2011
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